Nouvelles du Niger d'octobre 2012 PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

nouvellesLe pèlerinage à la ville sainte de la Mecque. Ce sont environ 11.000 pèlerins nigériens, qui sont partis au début du mois d'octobre, en avion, vers la Ville Sainte d'Arabie Saoudite pour accomplir le Pèlerinage, le Hadj dans la langue du pays. (Ce pèlerinage est une obligation de la religion musulmane, si toutefois, les personnes ont les moyens financiers de le faire). Ils seront de retour entre le 1 et le 15 novembre. Leur séjour durera environ 30 jours. Cette année, la Ville Sainte attend plus de trois millions de pèlerins pour la Grande Fête du 28 octobre 2012, fête de l'immolation du mouton en souvenir du sacrifice d'Abraham. Jusqu'à présent, tout se passe bien au niveau de l'organisation. (Certainement mieux que l'année dernière). Mais, il faut respecter les règles rigoureuses imposées par l'Arabie Saoudite : par exemple, plusieurs centaines de femmes nigérianes non accompagnées de leurs maris ont été refoulées et ne pourront pas accomplir les rites du pèlerinage. «Mesures qui veulent éviter que des femmes seules se livrent à des activités louches», écrit un journaliste, dans un journal de Niamey.


Le Roman Feuilleton des hydrocarbures. Comme vous le savez, le Niger est producteur de pétrole depuis trois ou quatre ans. Je rappelle que le gisement se situe à 150 kilomètres plein nord de la ville de N'Guigmi à l'extrême est du Pays. Il est exploité par les Chinois. Ils viennent de construire à 40 kilomètres au Nord de la ville de Zinder une petite usine qui produit du gaz oil, de l'essence et du gaz pour usage domestique. Cette production suffit à combler les besoins du Pays. Les Nigériens souhaiteraient que le prix de l'essence diminue. (Puisque c'est NOTRE pétrole). Mais, les responsables ne le désirent pas, car il faut tenir
compte, disent-ils, des nécessités économiques. Alors, c'est la «bagarre» par média interposé, entre les différents protagonistes. (Gens de la rue, meneurs d'opinion, ministres et responsables). Le prix du litre d'essence reste fixer à 530 CFA le litre (moins d'un euro). Le Ministre responsable, pour calmer les gens, laisse entendre qu'une baisse très légère serait possible dans l'avenir. Il ne faut pas désespérer les propriétaires de véhicules de la Capitale... et surtout les taximan. Ceux-ci se sont mis en grève pendant trois jours, avec violences et lancer de cailloux avec les gens de la ville. Ce fut même un peu chaud à certains
endroits.

Lutte contre l'insécurité multiforme au Sahel. Les prises d'otages font de nouveau leur apparition. Il y a quelques jours, dans la ville de Dakoro (10 octobre 2012), à 140 kilomètres au Nord de la grande ville de Maradi, 4 nigériens et 1 Tchadien, pour la plupart des humanitaires travaillant dans les populations Haoussa et Peuls Bororos de la région, ont été victimes de preneurs d'otages, une dizaine d'hommes cagoulés. En réalité, on l'a appris par la suite, ces hommes cherchaient un italien, anthropologue. Ne l'ayant pas trouvé, ils se sont rabattus sur ces africains.

Cette menace de la prise d'otage est présente partout au Niger et la Capitale n'échappe à la règle. Ici, les Blancs ont la consigne stricte de ne pas sortir dès la nuit tombée (à 7 h le soir). Ce qui n'arrange pas les restaurants de la ville qui sont complètement désertés le soir. Cette menace concerne aussi les différentes églises. L'évêque demande ainsi aux prêtres africains qui ont des réunions le soir de ne pas les prolonger. De nouvelles règles de sécurité seront précisées à l'avenir. Mais, nous sommes sans illusion, nous ne pouvons pas nous défendre efficacement contre cette menace des prises d'otages. Prudence et vigilance : deux maitres mots.

Le gouvernement prend cette menace très au sérieux. Depuis le début du mois d'octobre, diverses réunions, regroupant des délégués de différents pays de la région (Burkina, Mauritanie, Mali) ont eu lieu à Niamey. Ainsi le 1er octobre, le Gouvernement a lancé officiellement une stratégie de développement et de sécurité dans les zones sahelo-sahariennes du Niger, dans le but de créer des conditions durables de paix et de sécurité de personnes et des biens dans les différentes régions du Niger. Ces initiatives sont appuyées par plusieurs partenaires, comme le PNUD et l'Union Européenne. Des experts internationaux de la sécurité sont présents également à Niamey.

La situation au Mali et la sécurité au Niger. Depuis, le mois de janvier 2012, les islamistes violents Ansardine, Aqmi (Alquaida au Maghreb Islamique) et Mujao (Mouvement pour l'Unité et le Jihad en Afrique de l'Ouest) se sont emparés d'une grande région du Mali avec comme villes principales : Gao, Tombouctou, Kidal, qui se situent à 500 km au Nord de Niamey. (On y coupe les mains des voleurs et on lapide les femmes adultères). La menace islamiste se rapproche dangereusement de notre pays. Le problème est le suivant et sa solution suscite des discussions interminables : comment déloger la menace islamiste de cette région ? Nos amis maliens de Bamako défendent envers et contre tout une solution négociée. Hier encore (18 octobre) 2000 personnes manifestaient dans les rues de Bamako pour défendre la négociation. Surtout pas d'opération armée. On les comprend ! Mais, est-ce possible à long terme ; ne faut-il pas aussi envisager une expédition militaire ? C'est bien ce que souhaitent l'ONU et la CEDEAO (Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest). La France et les États-Unis seraient d'accord de soutenir pareille opération. Les discussions continuent. Autres questions soulevées : qui va financer ? Comment renforcer l'armée malienne très diminuée et peut -être incapable de combattre ?

Je termine par une citation du Président du Niger, Issoufou Mamadou, faisant allusion à la prise d'otages de Dakoro : «qui osera dire que les auteurs de tels actes sont des musulmans» invitant le peuple à «se mobiliser comme un seul homme pour traquer ces bandits, ces mécréants sans foi ni loi» (le Républicain du 18 octobre 2012).

 

 
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