Nouvelles du Niger de novembre 2012 PDF  Array Imprimer Array  Envoyer
Écrit par Mgr Guy Romano   

nouvellesDu Ramdam dans le pétrole nigérien. Il y a du pétrole au Niger, et il faut souhaiter que l'argent qui en sortira profite d'abord aux populations du Pays, surtout les plus défavorisées, et non à quelques sociétés ou a quelques privilégiés, comme c'est hélas souvent le cas dans de nombreux pays. Je rappelle que ce précieux produit, si convoité, présent en quantité importante au Niger, a jailli dans la région d'Agadem, à 150 kilomètres au Nord de la ville de N'Guigmi. Il y a déjà plusieurs années. Il suscite beaucoup de concurrence entre différents pays et sociétés, comme la Chine, le Soudan, le Nigeria. Les Chinois partent tout naturellement favoris, parce qu'ils exploitent déjà plusieurs gisements dans cette région et qu'ils ont réalisé l'oléoduc qui transporte le pétrole approvisionnant la raffinerie de Zinder, construite et exploitée par eux.

Reste l'attribution de la construction de l'oléoduc de ce 'bloc' d'Agadem, vers celui qui fonctionne déjà et qui mène le pétrole du Sud du Tchad à la mer, à Kribi exactement, au large des côtes du Cameroun. Mais, ce n'est pas encore tout à fait gagné : soucieux de diversifier les investisseurs, 'notre intrépide ministre du pétrole', Foumakoye Gado, que les journaux de la place appellent Rambo, hésite encore à attribuer la réalisation de ce tuyau. (Il faudrait visualiser tout cela avec une carte géographique) mais, hélas, je ne suis pas un bon dessinateur) La décision finale ne tardera plus beaucoup. Tous ces travaux de construction prouvent que le pétrole existe en quantité importante et qu'il va demander une exploitation sur plusieurs années, peut-être plusieurs dizaines. Tant mieux pour le Pays, dont le nombre d'habitants augmente d'une manière considérable. Je rappelle que le Niger comptera 50 millions d'habitants, en 2050, dans quarante ans. Ils auront besoin pour leur bien-être de cet argent apporté par l'or noir.

MALI : MNLA et MUJAO se déchirent pour prendre Menaka. (D'après un numéro du journal 'l'Enquêteur' de la fin du mois de novembre). MNLA : Mouvement nigérien de libération de l'Azawad. Mouvement qui regroupe beaucoup de Touaregs du Nord Mali et Niger. MUJAO, mouvement musulman extrémiste, avec la même idéologie religieuse qu'AQMI. De nouveaux affrontements ont eu lieu lundi 19 novembre dans le Nord du Mali pour le contrôle de la ville de Ménaka. Les islamistes du Mujao ont attaqué la ville dès le matin avec de gros moyens militaires. Les Jihadistes ont affronté durant toute la journée les quelques dizaines indépendantistes touarègues du MNLA. Encore présents dans la ville. Les bilans sont contradictoires, mais les deux camps déplorent des morts. Lundi soir, les deux camps (19.11.2012), tenaient leurs positions autour du camp militaire à l'ouest de Ménaka. De part et d'autre, on affirme attendre des renforts pour poursuivre le combat.

Pour les Touaregs du MNLA, tout est à refaire. Ils voulaient établir une base arrière, dans la localité malienne de Ménaka. Objectif : évincer de toute la région les islamistes du Mujao. Mais, pour le moment, l'opération est loin d'être un succès total. Il y a quelques jours déjà, les Touaregs du MNLA n'avaient pas pu avancer sur l'axe Ménaka-Ansongo-Gao. Et lundi, ils n'étaient pas encore les maîtres incontestés de la localité de Ménaka.

Entre eux et les islamistes du Mujao, les affrontements ont été très violents. Et, comme c'est souvent le cas, le bilan est contradictoire ; certaines sources n'hésitant pas à parler de dizaines de morts, alors que d'autres utilisent l'expression de véritable carnage. La tension reste vive dans la région. Le MNLA rêve de reprendre rapidement l'initiative ; alors que les islamistes du MUJAO, soutenus par AQMI, parlent de traquer l'ennemi partout où il sera. (L'Enquêteur fin novembre 2012)

MALI, les Américains hésitent et tergiversent. Le 14 novembre 2012, dans les locaux de l'Ambassade des États unis à Paris, le Général Carter HAM, Patron d'Africacom (forces de réaction rapide américaines pré-positionnées en Afrique) a clarifié la position de son pays sur le dénouement de la crise malienne. Tout en reconnaissant l'existence d'un noyau dur de salafistes (musulmans extrémistes) qu'il faudra nécessairement combattre par les armes, il estime qu'une expédition dans le septentrion malien (le Nord du Mali) ne peut être menée que par l'armée malienne épaulée par les troupes de la CEDEAO avec le soutien de puissances comme les États-Unis ou la France.

Il fait remarquer qu'il faudra du temps pour entrainer et rééquiper l'armée de ce pays. Seulement, voilà : la loi américaine interdit d'entraîner et d'équiper une armée à l'origine d'un putsch. De ce fait, tant que le Capitaine Amadou Haya Sanogo (qui a pris le pouvoir par les armes il y a quelques années) aura quelque influence à Bamako, il y a problème. Bref, rien qui convainc de la détermination de la communauté internationale à trouver une issue rapide à la crise malienne. (L'Enquêteur de fin novembre).

MALI : la position de l'ONU sur la crise malienne. Tout à fait contestable d'après les journaux de la place. Pour Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l'ONU, pas question d'une intervention militaire dans le Nord du Mali ; à ce propos, voici ce qu'écrit un journaliste nigérien : «alors que chaque jour que Dieu fait, les populations du Nord Mali subissent des atrocités et des privations de toutes sortes imposées par des islamistes au nom d'une prétendue application de la charia ; alors que des 'voyous' s'offrent le plaisir barbare de mutiler de pauvres innocents, de flageller des femmes et des hommes sur la base de simples soupçons ou de dénonciations calomnieuses, etc. les Nations Unies pensent que les atteintes aux Droits humains qui prévalent dans cette partie du Mali sont encore supportables pour exclure toute force d'intervention militaire avant le mois de septembre 2013, soit dans pratiquement un an... lorsque l'on sait déjà que ces populations n'ont plus accès à l'école, à la santé, à un minimum de protection sociale depuis la prise de la région par les forces obscurantistes, on se pose évidemment la question de savoir le jeu auquel jouent les Nations Unies dans la gestion de cette crise...» (Le Républicain du 6 décembre 2012). Opinion du Journal : il faut que les Nations Unies fassent un effort d'information objective pour sortir de leur opinion tendancieuse.

Secteur de l'Éducation au Niger. L'Enquêteur titre son article : la grande désillusion. (Du vendredi 7 décembre 2012). Le Budget des trois structures de l'Éducation Nationale (le ministère de l'Education Nationale, le ministère de l'Enseignement moyen et supérieur et de la recherche, le ministère de la formation professionnelle et de l'emploi s'élève à 190 milliards de francs CFA «il est impossible avec cette somme de parvenir à construire 2500 classes par an et de former 3500 enseignants, comme l'a dit le Président de la République.» Déclaration de Hama Amadou, Président de l'Assemblée Nationale : «il est inutile de tromper le peuple en lui faisant croire que l'école sera gratuite jusqu'à 16 ans. Prétendre cela, au vu des ressources prévues, c'est très nettement prendre ses désirs pour des réalités.»

«Les maux qui minent le secteur de l'éducation : la baisse de la qualité de l'enseignement, le fort taux de déperdition scolaire, les renoncements en chemin de bon nombre d'enseignants et d'élèves pour des causes diverses la propension à contractualiser le métier d'enseignant, autant de facteurs cruciaux superbement ignorés par la répartition des ressources allouées à l'éducation telle qu'elles apparaissent dans le budget 2013. Et que dire de la scolarisation de la jeune fille quand rien de spécifique n'est budgétisé.»

Encore le MALI : les leaders religieux se démarquent des jihadistes : Ils ont organisé le samedi 24 novembre 2012 une grande rencontre à Bamako. La grande salle du Palais des Congrès de Bamako était pleine à craquer. Les différents intervenants ont tour à tour parlé de paix et d'unité du Mali. Ils ont surtout voulu se démarquer des groupes islamistes qui contrôlent le Grand Nord malien depuis juin dernier.

 
RocketTheme Joomla Templates