L’Archidiocèse de Niamey opte pour la promotion de la famille PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

assemblee conclusion 2014 1Chers lecteurs, voilà exactement deux semaines que l'Assemblée diocésaine est terminée. Comme les années antérieures, au cours de cette assemblée de transition (entre le plan décennal qui vient de s'achever et le nouveau plan quinquennal qui sera mis en place à partir de 2016), les délégués venus des 20 paroisses et communautés du diocèse ont choisi des actions à mener. En ce moment, l'heure est certainement au compte-rendu de l'Assemblée dans les paroisses, et peut-être même, à l'amorce d'un cheminement vers la réalisation des actions. Nous vous proposons ici quelques pistes pour vous aider à approfondir vos réflexions dans vos paroisses, mouvements et services diocésains.

Elle est belle, la famille, et elle mérite d'être promue ! Voilà comment nous pouvons résumer les actions choisies par les paroisses à l'Assemblée diocésaine de Niamey. Actions inspirées par ″la joie de l'Évangile″. Ceux qui étaient à l'Assemblée se souviennent sans doute de ces paroles de Monseigneur Michel, prononcées dans son mot d'ouverture : « notre Église a un crédit aux yeux de la nation nigérienne, mais en même temps, elle est confrontée à de nouveaux défis, c'est-à-dire à une nouvelle réalité faite de richesse, mais aussi de problèmes ». Et d'ajouter : « c'est pourquoi pendant cette Assemblée, nous entrerons dans la pensée de François, à travers son Exhortation Apostolique ″La joie de l'Évangile″ qui peut inspirer largement notre plan d'action à venir ». Ces paroles ont alors introduit toute l'assemblée dans l'esprit de ce message fort riche et interpellant du pape. Et ce fut une occasion pour les délégués de le relire ensemble et de le méditer. Mais surtout, de redécouvrir la nécessité de célébrer et de promouvoir la famille. La famille, ô combien belle et nécessaire pour la société humaine. Le pape François affirme à dessein qu'elle est la « cellule fondamentale de la société humaine» (n°66). 

assemblee conclusion 2014 2

Malheureusement, dans ce monde « moderne », force est de reconnaître que la famille traverse une crise, qui ne doit laisser personne indifférent, car c'est l'avenir de la société qui est en jeu. Dans une interview accordée au journal « La Croix », le 18 septembre dernier, le Cardinal Kasper Walter, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, disait : « nous connaissons aujourd'hui une certaine crise de la famille (...) Cette réalité ne pose pas seulement problème à l'Église, mais à la société pour son avenir ». Déjà, en 1981, le pape Jean-Paul II, dans son exhortation apostolique Familiaris Consortio, n° 6, adressée aux chrétiens du monde, relevait ce qu'il appelait les « indices d'une dégradation préoccupante de certaines valeurs fondamentales au sein de la famille: une conception théorique et pratique erronée de l'indépendance des conjoints entre eux; de graves ambiguïtés à propos du rapport d'autorité entre parents et enfants; des difficultés concrètes à transmettre les valeurs, comme bien des familles l'expérimentent; le nombre croissant des divorces; la plaie de l'avortement; le recours sans cesse plus fréquent à la stérilisation; l'installation d'une mentalité vraiment et proprement contraceptive ». On pourrait ajouter encore d'autres cas. C'est dire que la famille est à un tournant important. N'est-ce pas d'ailleurs ce qui justifie l'exhortation apostolique du pape François et du Synode sur la famille, dont la première session a eu lieu du 5 au 19 octobre 2014 ? Alors, quel rôle jouons-nous dans ce tournant de la famille ? Sommes-nous des observateurs d'une famille en perte de repères et affaiblie, au gré des idées nouvelles ou, des acteurs d'un redressement de la famille ? Quelles sont, entre autres, les valeurs qui pourraient servir à re-proposer le Dieu de la Joie aux familles et les aider à cultiver et à entretenir un vivre-ensemble harmonieux ?

Des valeurs pour promouvoir un vivre-ensemble harmonieux dans les familles

Les actions que nous avons choisies à l'Assemblée, en connaissance des réalités de nos localités et paroisses, prouvent que nous avons à cœur de promouvoir une famille, au sens chrétien du terme. Une famille qui vit à l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth. C'est l'occasion pour nous donc de tenter de proposer trois valeurs, que l'on trouve dans cette famille, afin de contribuer à soutenir nos familles.

La première, c'est la charité. Dans son encyclique ″La Charité dans la Vérité″, le pape Benoît XVI écrit : « La charité dépasse la justice, parce qu'aimer c'est donner, offrir du mien à l'autre ; mais elle n'existe jamais sans la justice qui amène à donner à l'autre ce qui est sien, c'est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir » (cf. n°6, paragr. 2). La charité est sans calcul ! Elle est don de soi pour que l'autre s'épanouisse. Aujourd'hui, le monde tend à promouvoir les sentiments au détriment de l'amour vrai ; le plaisir, au lieu de la vraie joie. Dans ce contexte, de nombreux époux vivent au quotidien dans la frustration et les larmes. N'est-ce pas un cri de cœur, à nous adressé par toutes ces personnes, afin que nous trouvions des manières de les accompagner et les faire sortir de leur souffrance ? Dieu merci, à l'Assemblée, presque toutes les paroisses ont décidé de former les couples sur le sens et la beauté du mariage chrétien, et de les accompagner pour un vivre-ensemble harmonieux dans les familles. Citant les Évêques français, le pape note que « la contribution indispensable du mariage à la société ne naît pas du sentiment amoureux, par définition éphémère, mais de la profondeur de l'engagement pris par les époux qui acceptent d'entrer dans une vie totale » (« La joie de l'Évangile », cf. n°66).

La deuxième valeur, c'est la liberté. De tout temps, le sens de la liberté pose problème. D'aucuns croient que liberté rime avec autonomie à l'égard de tout, même Dieu. La seule vérité absolue qui vaut, c'est qu'il n'y a pas d'Absolu, pensent-ils ! Aussi s'enferment-ils dans un narcissisme (amour exagéré de soi), un égoïsme et même, un égocentrisme qui accepte tout, sauf ce qui contraint l'individu, devenu le centre de tout. Dans son livre intitulé ″La Nouvelle Evangélisation″, paru en 2012, Monseigneur Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation, fait cette observation : « Il est paradoxal de constater que les revendications sociales sont sans cesse exprimées au nom de la justice et de l'égalité, alors que le désir de liberté à l'échelle individuelle est toujours plus fort. On tolère et on supporte finalement beaucoup plus les injustices et les inégalités sociales que les interdits qui atteignent la sphère privée » (p. 42). Cette façon d'agir n'existe-t-elle pas dans les familles ? Que pouvons-nous alors faire pour nous convaincre et convaincre les couples, mais aussi leurs enfants, que la vraie liberté, c'est celle qui me permet de donner une place à l'autre dans mon cœur et ma vie, et que je dois lutter de toutes mes forces pour lui rendre la vie agréable ? Ah ! Si chacun pouvait inscrire cela dans son esprit et son cœur...

assemblee conclusion 2014 3

La troisième valeur, c'est la compréhension et le respect mutuels, sans lesquels il n'y a ni expression de l'amour et de la liberté, ni épanouissement pour chacun et tous au sein des familles. La compréhension et le respect mutuels sont fondés sur le dialogue vrai et sincère. Sommes-nous des artisans de dialogue entre les époux, entre les parents et leurs enfants ? Comment ? La promotion de familles vraiment chrétiennes passe forcément par là, surtout pour aider les uns et les autres à cicatriser leurs blessures, à se pardonner et à œuvrer ensemble, malgré les différences, pour un avenir commun. Dans son livre, ″Frères en Dieu et en humanité. Comment relever le défi en temps de crise ?″ le père Francis Barbey souligne que « la communauté de vie que nous formons avec les autres est la conséquence d'un amour divin qui se veut partage. » Puis, il poursuit : « Cohabiter dans ce contexte, revient à reconnaitre l'existence et l'égalité de l'autre, et admettre qu'il puisse exprimer des idées différentes des nôtres. C'est aussi vouloir construire ensemble un minimum de projets communs autour de l'idéal de la promotion humaine » (p. 21). Ce qui est dit de la résolution d'une crise politique vaut aussi pour les relations au sein des familles. Puissions-nous donc être, dans nos communautés et pour les familles, des hommes et des femmes qui donnent aux autres le goût d'un avenir meilleur pour chacun et tous !

La Rédaction

 
RocketTheme Joomla Templates