Le synode sur la famille veut un accompagnement des familles PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

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Au lendemain du Synode sur la famille, tenu à Rome du 5 au 19 octobre dernier, le Centre de Formation Chrétienne, sis à la Cathédrale de Niamey, a organisé, ce jeudi, une conférence sur le thème : « Qu'est-ce que le Synode a dit de nouveau sur la famille ? ». A la manière de regards croisés, un prêtre et un couple catholique ont respectivement témoigné de leur vie en famille, et communiqué les conclusions du synode sur la pastorale à mener à l'égard des familles.


Il est 17h30mn. Malgré les klaxons des voitures aux abords de la Cathédrale, et les bruits venant du marché, non loin de là, un silence règne dans la cour du Centre de Formation Chrétienne (CFC). A 17h 40mn, arrivent 2 personnes. Puis, 3 autres, quelques minutes plus tard. Et ainsi de suite, la salle de rencontre du centre accueille de nombreuses personnes. Elles viennent participer à la conférence organisée en ce 30 octobre 2014 par le CFC.

 

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Replongée dans le silence, après les salutations, la trentaine de participants, visiblement pressée de savoir ce que le dernier Synode extraordinaire a dit de nouveau sur la famille, n'en ressort qu'à 19h15, lorsque, d'une voix modérée, le père Maoro (responsable du CFC), leur souhaite la bienvenue. Et pour les introduire dans « le vif du sujet », il leur raconte l'histoire (réelle) d'un enfant qui n'a pas eu la chance de connaître son père et qui, « probablement, ne connaîtra pas le bonheur de la famille », parce que sa mère n'a plus revu son père, après être tombée enceinte. Partant de ce fait, le père Maoro invite les participants à découvrir, d'une part, les défis auxquels sont confrontées les familles aujourd'hui, et d'autre part, la pastorale que l'Eglise catholique entend mettre en place pour les accompagner.

Dans une ambiance plutôt calme, favorisant l'écoute, le père Cosme Ahonon commence par souligner la sollicitude de l'Eglise pour la famille, manifestée à travers le synode, avant d'indiquer que « l'Eglise aime et respecte toutes les personnes humaines, sans pour autant cautionner tous les comportements humains ». C'est pourquoi, dit-il, elle veut repartir du Christ pour apporter aux familles la joie de l'Evangile qui guérit et transforme. Sur ce, il passe la parole au couple Traoré pour partager le témoignage de leur vie de famille. Intervenant la première, Nadège fait part d'une épreuve concrète que rencontre leur couple. Elle est contractuelle et son époux est propriétaire d'un cabinet d'études. Ils sont souvent pris, chacun par son travail, et ils voyagent régulièrement. Toutefois, assure-t-elle, « nous faisons tout pour ne pas abandonner l'éducation de notre enfant de 3 ans, mais aussi, pour communiquer entre nous, afin que chacun comprenne l'autre ». Poursuivant, Ruffin affirme que les formations organisées par l'Eglise et auxquelles il participe, l'aident beaucoup à comprendre son épouse et à œuvrer pour un vivre-ensemble. Finalement, chacun s'efforce de se sacrifier pour ne pas sacrifier leur vie de famille. Pour soutenir cet effort, Nadège « conseille la prière en famille ». Car, eux-mêmes prient ensemble et participent à la lectio divina en paroisse, tant qu'ils sont tous deux sur place.

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eprenant la parole, le père Cosme présente les défis auxquels est confrontée la famille aujourd'hui. Selon lui, beaucoup de familles traversent la crise de l'infidélité, du stress, de l'individualisme, de l'impatience, des difficultés existentielles, du refus de se remettre en question, de se pardonner mutuellement, de se réconcilier, de se sacrifier. Pour cela, dit-il, avec une voix grave et pressante, « il faut les soutenir, dans ce contexte de mutations qui ne leur est pas favorable ». Puis, il rapporte l'appel des pères synodaux, adressé aux gouvernements et Organisations internationales, à promouvoir les droits de la famille. Concernant les perspectives pastorales, il insiste sur l'urgence d'une annonce toujours renouvelée de l'Evangile aux familles. Dans ce sens, fait-il savoir, « les évêques ont demandé, non seulement que les familles soient accompagnées avec tendresse et miséricorde, mais aussi, qu'elles-mêmes soient actrices de la pastorale de la famille, par un témoignage de vie exemplaire fondée sur la foi ». Il note également que « les prêtres sont appelés à cheminer avec toutes les familles (chrétiennes), surtout celles qui sont blessées, déjà après la célébration du sacrement, afin de panser leurs blessures et les conduire graduellement vers la conversion ». En définitive, pour lui, « l'Eglise doit être une maison ouverte pour tous, se mettre à l'écoute des familles et les accompagner dans la proximité, avec un regard respectueux ».

A la fin, le père Maoro fait la synthèse des différentes interventions, en invitant toute la communauté chrétienne à s'ouvrir aux familles, les accueillir et les accompagner. Car, dit-il, « toute famille est une école d'humanité ». Ainsi s'achève la rencontre aux environs de 19h30, après l'annonce de la prochaine conférence prévue pour le 27 novembre 2014, sur le thème : « Qu'est-ce que le mariage chrétien ? ».

 
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