Clôture officielle de l’année de la vocation missionnaire chez les rédemptoristes PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

sanwidi paul

 

Depuis le 1er août 2013, les missionnaires de la Congrégation du Très Saint Rédempteur, plus connus sous le nom de religieux rédemptoristes, ont ouvert ce qu'ils ont appelé « l'année de la vocation missionnaire rédemptoriste ». Le dimanche 9 novembre 2014, ils ont officiellement clôturé cette année vocationnelle. Dans un entretien qu'il a accordé à notre rédaction, le Père Paul Sandwidi, rédemptoriste et curé (responsable) de la paroisse saint Gabriel de Niamey, a expliqué le sens de cette année vocationnelle, ainsi que la mission des rédemptoristes au Niger.
 

 

 Bonjour. Ce dimanche 9 novembre 2014, vous avez célébré un événement. Pouvez-vous nous en parler ?

Effectivement, aujourd'hui, nous avons célébré la dédicace de la Basilique du Latran, qui est la Cathédrale du Pape. Et cela coïncide avec la fondation de la Congrégation dont je suis membre, la congrégation du Très Saint Rédempteur. Depuis le 1er août 2013, nous avons ouvert ce que nous appelons l'année de la vocation missionnaire rédemptoriste. Et la clôture officielle de cette année, c'est aujourd'hui. Nous parlons de clôture officielle, tout simplement parce que lorsqu'une bonne chose est ouverte, on ne la referme pas. Mais, l'ouverture est prise comme un lancement d'un tremplin qu'il faut continuer. Désormais, chaque année, nous allons célébrer la vocation missionnaire rédemptoriste le deuxième dimanche du mois de novembre.

Quelles sont les actions que vous avez menées au cours de cette année de vocation missionnaire rédemptoriste ?
Au cours de cette année, nous avons surtout mis l'accent sur la promotion et la redynamisation des vocations aux niveaux sectoriel, régional et vice-provincial (c'est-à-dire dans la zone francophone de l'Afrique). Nous avons aussi composé une prière. Dans cette prière, nous avons demandé que Dieu nous rende unis, entre rédemptoristes et avec tous les autres missionnaires. Mais aussi, que l'œuvre d'évangélisation entreprise ici ou ailleurs soit portée par tous comme une œuvre de Dieu et de l'Eglise Famille. Nous avons également organisé des campagnes de sensibilisation, à travers les camps vocationnels, afin de permettre aux jeunes de mieux nous connaître. Bref, nous avons essayé de faire tout ce que nous devons faire, sans trop de bruit.

Pouvez-vous nous relater brièvement l'histoire de votre congrégation ?
La congrégation du Très Saint Rédempteur a été fondée en 1732 par Saint Alphonse Marie de Liguori, patron des moralistes et patron des missionnaires. A l'époque, il a constaté qu'il y avait beaucoup de prêtres dans le royaume de Naples, dont il était issu ; mais, dans la banlieue, ils étaient peu nombreux. C'est ce qui l'a poussé à créer cette congrégation. Concernant sa vie, il s'est montré bien vite brillant et a fait de grands progrès dans toutes sortes d'étude. Jusqu'au jeune âge, il n'était pas encore inscrit à l'école. Il était à la maison, et ses parents lui emmenaient les enseignants pour qu'il les enseigne. A l'âge de 12 ans, il a été officiellement inscrit comme universitaire. A 16 ans, il a été proclamé Docteur en droit civil et en droit canonique (droit de l'Église Catholique). Et sous tutelle d'un avocat, il a été officiellement reconnu avocat. Dans ce sens, il a défendu la cause des petits. Confronté à une réalité, il dira: « monde, je te connais. Adieu les barreaux ! » À partir de ce moment, il a décidé de devenir prêtre parce que, selon lui, là, il pourra défendre la cause des petits.

Depuis les débuts de l'Église catholique au Niger, la congrégation des rédemptoristes existe dans ce pays. Parlez-nous de votre mission ici.
Dans l'Église-Famille de Dieu au Niger, la première mission de la Congrégation est d'annoncer la Bonne Nouvelle dans cette contrée du monde qui était pratiquement rejetée par les autres missionnaires. Car, ils la qualifiaient de « terre occulte », c'est-à-dire très difficile. Malgré cela, la Société des Missions Africaines (SMA) y est venue annoncer la Bonne Nouvelle. Plus tard, les missionnaires rédemptoristes sont venus pour être sur cette terre de « petits rédempteurs » avec le Christ, en vue de l'annonce de la Bonne Nouvelle du salut à tous. Notre mission consiste à annoncer explicitement la Bonne Nouvelle et à être présents de façon active, au sein de la société nigérienne. A Niamey, Maradi, Tchirozérine, Agadez, nous annonçons la Bonne Nouvelle par nos paroles et par nos actes, afin de faire connaître le Christ Sauveur du monde au Peuple Nigérien, et surtout aux plus pauvres.

Pourquoi allez-vous vers les plus pauvres ?
Aller vers les plus pauvres et les plus abandonnés est une option de la congrégation du Très Saint Rédempteur et de son fondateur, Saint Alphonse Marie de Liguori. En son temps, chaque famille de nobles pouvait avoir plus d'un prêtre. Mais, quand vous sortez dans la banlieue, il était difficile d'en trouver pour s'occuper des populations. Et lui, avait été touché par cela. C'est pourquoi, il a créé un groupe dénommé « les chapelles du soir ». Un groupe d'ailleurs traité par certains d' « hérétique », parce qu'ils pensaient que c'était une secte. Mais, après les investigations de l'évêque du lieu, celui-ci s'est rendu compte que c'était juste un groupe qui se préoccupait du bien spirituel des populations. Dans le groupe, il y avait des prêtres qui s'occupaient des pauvres. Le pape Jean-Paul II, parlant justement de ce groupe, disait que c'est l'une des premières traces des Communautés Chrétiennes de Base (CCB) que nous avons aujourd'hui. Et, il qualifiait Saint Alphonse de « communicateur organisé », qui confiait aux membres de son groupe la charge de former les populations, avant de passer, lui-même, administrer les sacrements. En plus de cela, il a opté pour un style de vie simple, lui qui était issu de la haute société napolitaine et, en dépit des livres qu'il a écrits et publiés. Il aimait dire d'ailleurs à ses prêtres : « si, de ta chaire, tu prêches et qu'à la fin tu redescends pour demander à un enfant ce qu'il a compris. S'il te dit : "rien″, considère que tu n'as rien fait, non plus. Tu as fait trembler du monde dans le ciel et les savants ont applaudi ce que tu as fait. Mais, du moment où l'enfant n'a rien compris, tu n'as rien fait, parce que tu dois faire en sorte que le plus petit et le plus grand comprennent ce que tu dis. Tu dois t'occuper de tous, surtout des plus pauvres, pas seulement matériellement, mais aussi, spirituellement. »

Quel est votre dernier mot ?
Je remercie le Seigneur pour tout ce qu'il nous a permis de faire depuis le 1er août 2013. Qu'il nous aide à témoigner de sa Bonne Nouvelle par la parole et surtout, par les actes, pour la gloire de Dieu et le salut du Peuple Nigérien !

 
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