Les chrétiens de la ville de Niamey à l’école du mariage PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

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« Le mariage est une aventure dans laquelle on s'engage », a affirmé Mme Laurette AGBO, ce jeudi, 27 novembre 2014. C'était lors de la 2e conférence de cette année, organisée par le Centre de Formation Chrétienne (CFC) à l'intention des chrétiens de la ville de Niamey. Venus nombreux pour prendre part à cette conférence portant sur les fondements bibliques du mariage, les laïcs, religieuses et prêtres ont eu droit au témoignage du couple AGBO (de la Cathédrale) et à un enseignement du père Maoro, responsable du CFC.

 

Après l'introduction du père Maoro, rappellant que chaque homme est issu d'une famille, la parole fut donnée à M. Bonaventurre AGBO, qui a d'abord confié que Laurette et lui sont mariés depuis 26 ans. Puis, s'appuyant sur la Parole de Dieu, il a indiqué le sens du mariage. « Pour nous, être mariés signifie être un. C'est avoir la même vision, regarder dans la même direction, malgré nos différences ». Dans ce sens, a-t-il noté, la vie à deux exige la confiance, la patience, l'écoute mutuelle, le dialogue permanent, franc et sincère, la fidélité dans la liberté. Poursuivant, Mme Laurette AGBO a fait savoir que depuis la célébration de leur mariage, son époux et elle s'efforcent de vivre dans l'unité, la fidélité, la liberté, le respect de la différence de l'autre, le dialogue, la complicité. En guise d'exemple, chaque jour, ils font l'effort de manger ensemble. L'un ne mange pas sans l'autre, et cela, bien qu'ils aient des activités différentes. De même, a-t-elle ajouté, « nous faisons l'effort de nous informer mutuellement de nos sorties ».

L'une des valeurs à laquelle les deux époux tiennent beaucoup, c'est la prière. Selon Laurette, en effet, sans la prière, leur couple n'aurait pas tenu jusqu'à ce jour. C'est pourquoi, pour elle, le premier héritage à laisser aux enfants, en tant que chrétienne, c'est la prière. D'où, l'invitation lancée à tous les couples à promouvoir la prière dans les familles. Car, dit-elle, « la prière comme les autres valeurs suscitées pérénisent l'harmonie dans la famille ». Abondant dans ce sens, son époux a assuré que ces valeurs contribuent à l'éducation de leurs cinq enfants, toutes des filles. Avec leurs enfants, ils prient régulièrement. Et, pendant les vacances, ils lisent et méditent ensemble la Parole de Dieu deux fois par semaine. Pour lui, « avoir les enfants, c'est une grâce ; ils font la joie de leurs parents. Mais, il faut veiller à leur éducation ». A sa suite, Laurette a exhorté les parents à être « les confidents de leurs enfants et à ne pas les laisser, surtout les filles, à la merci de la société d'aujourd'hui ». Voilà donc qui confirme les propos du pape François qui dit que la famille est le « lieu où l'on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir aux autres et où les parents transmettent la foi aux enfants ». (Cf. La joie de l'Evangile, n°66).

 

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Revenant sur leur vie de famille, M. AGBO a fait remarquer que le dialogue entretient l'harmonie de la famille. Ce dialogue, a-t-il soutenu, doit toucher aussi la vie concrète, avec les enfants. Selon son témoignage, chez eux, tous partagent ensemble les tâches quotidiennes: la vaisselle, le marché, le nettoyage, la cuisine, etc. Chacun a son rôle. Et ils s'efforçent de ne jamais dormir sur un sujet à discussion, et de vivre dans la complicité, la simplicité dans leur manière de vivre, l'esprit de compréhension.

Prenant la parole à son tour, le père Maoro a dit que « la famille et par conséquent le mariage sont au carrefour de plusieurs tensions qu'on ne saurait ignorer. Ces tensions ne sont pas en soi négatives, elles sont l'expression de la beauté et la complexité de cette réalité humaine ». Et de souligner qu' « il s'agit de défis permanents qu'il est bien d'apprendre à vivre ». Selon lui, la famille, fondée par amour et vivifiée par lui, est une communauté de personnes vivant et partageant ensemble le quotidien : les époux (homme et femme), les enfants, la parenté. Albert TINGBE-AZALOU, dans Fondements socio-familial de la faillite des comportements éducatifs des jeunes au Bénin, présenté au Séminaire d'Abidjan, en 1993, désigne à juste titre la famille comme « un espace social assumant, en tant qu'institution, des fonctions de protection économique, sociale et culturelle à ses membres ». Dans la tradition chrétienne, a enseigné le père Maoro, le premier devoir de la famille est de vivre fidèlement la réalité de la communion dans un effort constant pour promouvoir une authentique communauté de personnes. Aussi, a-t-il présenté les fondements bibliques du mariage à l'aide de passages tirés de la Bible. C'est le cas, par exemple, de Ph 2, 5-8 qui enseigne que la fidélité demandée aux époux est fondée sur la fidélité de Dieu à l'humanité, et de Jésus à son Eglise. La fidélité apparaît ainsi comme l'expression et le signe de la promesse fidèle de Dieu. Comme signe de l'amour de Dieu pour l'humanité et du Christ pour l'Eglise, le mariage est alors le sacrement de l'amour et de la fidélité. Et, père Maoro de conclure : « la famille est la première école fondamentale de la vie sociale ; comme communauté d'amour, elle trouve dans le don de soi la loi qui la guide et la fait croître ».

 
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