La nécessité de la famille dans le monde moderne PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

famille« La famille est une communauté humaine fondamentale et irremplaçable, dont la portée est universelle », a déclaré le Pape François lors de sa catéchèse du 16 septembre 2015, sur la famille. Cette déclaration est faite alors que se prépare la deuxième session du synode sur la famille. Le Saint Père introduit ainsi la question de la nécessité de la famille dans notre monde aujourd'hui, et replace cette communauté de vie au centre des préoccupations et des réflexions de l'Eglise à l'heure où toute l'Eglise se mobilise pour l'accompagner avec ses joies et ses blessures. « Si nous ne savons pas unir la compassion à la justice, nous finissons par être inutilement sévères et profondément injustes », a averti le pape à la veillée de prière célébrée samedi 3 octobre 2015, veille de l'ouverture du synode.

 

Cela dit, depuis hier, 4 octobre 2015, de nombreux évêques et experts du monde entier sont réunis à Rome, autour du Pape, pour réfléchir et échanger sur « La vocation et la mission de la famille dans l'Eglise et dans le monde contemporain». On le sait en effet, aujourd'hui, la famille est « prise en otage » par diverses situations heureuses ou malheureuses, mais aussi, par des idéologies qui tendent à en faire soit un modèle dépassé, soit un cadre de plaisir sans ouverture possible à la vie. Conséquence : la famille perd sa valeur et sa beauté ! D'où l'engagement de l'Eglise Catholique pour rappeler la nécessité de la famille dans notre monde et l'accompagner dans la vérité. A la messe d'ouverture ce dimanche, le Pape a précisé que l'Eglise doit «vivre sa mission dans la vérité, qui ne change pas selon les modes passagères et les opinions dominantes». Cette deuxième Assemblée Générale, après celle d'octobre 2014, aura ainsi la tâche de faire des propositions d'actions ou d'orientations d'actions et de mission au Pape, qui tranchera. Pour certains observateurs de la vie de l'Eglise, cette rencontre des évêques apparaît donc comme une réflexion commune sur les devoirs missionnaires des familles chrétiennes et sur les questions de la juste réponse pastorale aux situations difficiles.

Dans l'allocution d'ouverture à la première Assemblée, le 6 octobre 2014, le Pape François a souligné deux points, en s'adressant aux participants : - « Vous apportez la voix des Eglises particulières... C'est une grande responsabilité : apporter les réalités et les problématiques des Eglises, pour les aider à cheminer sur cette voie qu'est l'Evangile de la famille » ; - « Une condition générale de base est celle-ci : parler clairement... Il faut dire tout ce que l'on sent avec audace... Et, en même temps, il faut écouter avec humilité et accueillir d'un cœur ouvert ce que disent nos frères ». A la vigile du samedi soir, célébrée à la place Saint Pierre, le Pape a demandé au Synode de « reconnaître toujours [à la famille] la dignité, la consistance et la valeur, malgré les nombreuses peines et contradictions qui peuvent la marquer ». Cela vient à point nommé, dans un contexte mondial où la famille est en mutation et revêt par ce fait divers visages, selon le lieu où l'on se trouve.

D'un point à l'autre de la terre, les situations et expériences familiales sont diverses. Au Niger par exemple, il existe des cas de mariage entre chrétiens et musulmans, entre chrétiens catholiques et évangéliques, mais aussi, entre chrétiens catholiques. Mais, dans tous les cas, la question, parmi tant d'autres, de la tolérance et de la fidélité, se pose. A ce propos, nous avons recueilli l'expérience du couple Alzouma. Mariés à l'Eglise depuis 2013 (parce que catholiques), David Alzouma, 28 ans, et son épouse Thérèse Condjoua Daniel, 24 ans, habitent à Torodi, à 60 km au sud de Niamey (la capitale du Niger). David est soudeur ; Thérèse, elle, est couturière. La naissance de leur fille, Isabelle, il y a quelques mois, a renforcé leur union et intensifié leur joie de vivre ensemble. David raconte que depuis qu'ils se sont mariés, ils ne se sont presque jamais disputés, car chacun fait l'effort de comprendre et de supporter l'autre. Depuis qu'ils ont contracté mariage, ils ont toujours prôné la tolérance et le dialogue comme moyen de régler les différends, a fait savoir David.

« Sans le dialogue, il n'est pas possible de vivre ensemble au foyer », soutenait Bonaventure Agbo, lors d'une conférence sur le mariage, à Niamey. Et d'expliquer : « Le dialogue maintient l'harmonie au sein de la famille ». Contrairement à David et Thérèse, Bonaventure et son épouse, Lorette, sont, eux, mariés il y a 27 ans. Mais, ils sont aussi catholiques. Pour avoir choisi de vivre des valeurs comme l'amour, l'unité, le respect dans la différence, la fidélité, le dialogue, le partage, la complicité, ils ont su surmonter les difficultés et créer un climat de paix, d'amour, de tolérance, d'harmonie et de joie dans leur famille. « Nous sommes heureux de vivre ensemble, avec nos enfants », a lancé Mme Bonaventure, toute souriante. Et d'ajouter : « pour nous, être unis, c'est regarder dans la même direction, malgré la différence de chacun, et les incompréhensions ».

Prodiguant ses conseils à tous les jeunes couples, Thérèse a dit : « dans un couple, chacun doit jouer son rôle. Et tous deux, la femme comme l'homme, doivent être patients et se supporter mutuellement ».

 
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