Conférence-débat sur le Vivre-ensemble à l’Université de Niamey PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

conf universite 1La Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l'Université Abdou Moumouni de Niamey a servi de cadre, ce mercredi 27 janvier 2016, pour la tenue d'une conférence-débat sur le « Vivre-ensemble ». Animée par le Père Mauro Armanino, responsable du Centre de Formation Chrétienne, et Dr Seyni Moumouni, Chercheur à l'Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) de Niamey, cette conférence entre dans le cadre de la réalisation du "Projet pour la Consolidation de la Paix au Niger" (PCPN), financé par la Caritas Développement Niger (CADEV-Niger), en partenariat avec le Secours Catholique Caritas France, la Conférence épiscopale italienne et la CAFOD (Caritas anglaise). A noter que de nombreux étudiants ont pris part à cet échange d'idées.

 

En introduisant, Dr Seyni Moumouni a rappelé que le Niger est un pays multiconfessionnel : il y a des musulmans et des chrétiens. « Pour cela, le vivre-ensemble s'avère nécessaire », a-t-il ajouté. Présentant l'Islam, le conférencier a dit que « c'est une religion qui prône l'amour et la sacralité de la vie ». Puis il a cité le Prophète Mahomet pour qui, « l'Islam, c'est adorer Dieu sans rien n'y ajouter ; c'est aussi apporter le secours à ceux qui en ont besoin ». Et M. Seyni de conclure : « la culture de la paix passe par la mise en pratique de ces œuvres citées. Elle vise une meilleure connaissance mutuelle et une action commune pour la paix et le développement ». Poursuivant, il a fait observer que « la tolérance s'arrête lorsqu'un être humain devient un danger pour son prochain ». Or, a-t-il noté, « l'Islam allie globalité, complémentarité et équilibre dans sa réflexion sur l'humanisme ».

 

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A sa suite, père Mauro, partant de cette citation : « Je suis parce que nous sommes », a invité musulmans et chrétiens à la coexistence pacifique. Dans ce sens, il a présenté 3 postulats dont il faut se libérer : le Progrès, qui est sur toutes les lèvres mais qui, en réalité profite seulement aux plus forts ; le Développement, qui entraîne le sous-développement de certains hommes, et l'Individualisme qui affecte beaucoup de personnes jusqu'à ce jour, et qui se passe de toute référence éthique. Pour défier ces postulats, Mauro préconise de : « mettre au centre de notre vision d'homme et de femme la relation avec les autres ; mettre au centre de notre vision l'idée que l'être humain a la priorité sur la loi et sur tous les intérêts égoïstes ; respecter la dignité de l'autre, car l'autre est un être sacré ». Partant de tout cela, le second conférencier invite à : cesser de considérer les autres pour ce qu'ils ont plutôt que pour ce qu'ils sont ; cesser de regarder l'autre comme un objet à manipuler ; apprendre à conspirer, c'est-à-dire à partager les mêmes idéaux avec les autres ; cultiver des relations humaines dans la gratuité du don ; réapprendre à parler aux autres en utilisant, non pas des paroles qui tuent, mais des paroles qui les humanisent et les font vivre ». Selon lui, « le monde changera si je change mon regard sur le monde ». C'est pourquoi, a-t-il conclu : « nous devons apprendre à réécrire notre propre histoire, en apprenant à écouter les autres et en créant des espaces de dialogue dans le respect mutuel ».

Après les deux conférences, Mauro et Seyni Moumouni se sont prêtés aux questions des participants à la conférence, qui, visiblement, étaient satisfaits par ce qu'ils ont appris.

 
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