Les nouveaux agents pastoraux de l’Archidiocèse de Niamey découvrent le Niger PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

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Une vingtaine d'agents pastoraux (prêtres et religieuses), nouvellement venus au Niger, ont participé à une rencontre ce mercredi matin, à la salle diocésaine, sis à la Cathédrale de Niamey. Cette rencontre qui se tient chaque année à la veille de l'Assemblée pastorale diocésaine, vise à faire connaître le Niger et l'Eglise Catholique au Niger aux nouveaux missionnaires.

 

Originaires de plusieurs pays d'Afrique et de l'Inde, ces prêtres et religieuses venus travailler au Niger ont été chaleureusement accueillis par le comité d'animation de la rencontre, comme le veut la tradition nigérienne. Puis, après la prière d'ouverture et les présentations, les « nouveaux missionnaires » du Niger ont écouté un premier exposé sur "le Niger" et "la spécificité de l'enseignement catholique au Niger".

Présentant le pays, M. Assane Alamine, Directeur général de l'Enseignement catholique, a dit que « situé dans la zone sahélo-saharienne, le Niger couvre une superficie de 1 267 000 km²... Le recensement général de 2012, indique que la population nigérienne est de 17 129 076 habitants. La même source précise que le taux de croissance s'élève à 3,9%. Ces deux facteurs montrent que la population nigérienne s'accroit rapidement... ».
« Selon l'Institut National des Statistiques, a-t-il ajouté, près de 49,2% de la population est âgée de moins de 15 ans. » D'où, pour lui, la nécessité d'investir dans l'éducation de la jeunesse. A ce propos, a indiqué M. Assane, « fidèle à sa tradition missionnaire, l'Eglise a créé et géré ses propres établissements d'enseignement au Niger, dès sa première implantation. » En effet, « l'enseignement catholique au Niger est né avec la création de la première école autorisée à ouvrir ses portes en 1947 par Arrêté N° 316 du 29/02/1948 à Zinder.

En octobre 2015, l'enseignement catholique au Niger comptait 32 écoles : 15 écoles maternelles, 17 écoles primaires et un collège d'enseignement général. » Directeur de l'enseignement catholique depuis 1990, l'exposant a expliqué que la multiplication des écoles à travers le pays a rendu nécessaire une organisation systématique de l'Enseignement Catholique, d'une part pour favoriser la coordination et l'harmonisation de la vie scolaire des diocèses, d'autre part pour faciliter la collaboration avec les Ministères chargés des enseignements et les relations avec les autres Services Publics. Aujourd'hui, « près de 158 enseignant(e)s : 35 enseignantes de la maternelle et 123 enseignants du primaire dont 66 femmes assurent les cours pour 9 099 élèves : 2 101 élèves de la maternelle dont 1048 filles, et 6 998 élèves au primaire parmi lesquelles on dénombre 3346 filles. » Selon M. Assane, ces chiffres montrent que l'Eglise catholique au Niger porte un intérêt particulier à la scolarisation de la jeune fille. Concernant le corps professoral, il a aussi noté que 20 religieuses ont été mises à la disposition de la direction générale pour diriger des écoles maternelles et primaires. A Zinder, « cinq professeurs permanents soutenus par 20 vacataires assurent les cours au Complexe d'enseignement secondaire » de ladite localité, à près de 1000 km, à l'Est du Niger.

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Dans l'Archidiocèse de Niamey, il y a 17 écoles mission : 8 écoles maternelles, 9 écoles primaires. Ces écoles comptent 90 enseignants dont 71 femmes ; 4 859 élèves dont 2 325 filles. « Au sein des Ecoles de la Mission Catholique au Niger, sur les 9 099 on enregistre 8,29% chrétiens. De même, sur les 158 enseignants, 31,25% sont chrétiens. »

Dans un pays majoritairement musulman comme le Niger, le dialogue interreligieux représente un aspect important, sinon une condition sine qua non du vivre-ensemble. C'est pourquoi dès les débuts de l'Eglise, les Evêques l'ont inscrit comme une priorité dans la vision pastorale de l'Eglise. Ce dialogue avec ceux qui ne partagent pas la même foi que nous, particulièrement les musulmans, se vit à divers niveaux, dont les écoles. « A travers les différentes sessions de formation notamment sur le dialogue islamo chrétien mais aussi le témoignage de vie de certains religieux, on peut affirmer que le vécu quotidien au sein de nos écoles se passe sans heurt », a témoigné M. Assane, lui-même musulman. Signe que les écoles mission sont un symbole du dialogue islamo-chrétien. Il a notamment indiqué que « le recrutement du personnel enseignant n'est pas soumis à l'approbation du Curé, contrairement à d'autres pays, mais à la compétence du candidat. » Par ailleurs, a-t-il poursuivi, « les Evêques du Niger, à travers le conseil d'orientation des écoles mission, ont fait de nos écoles, des cadres ouverts à toutes les couches sociales. Elles sont un cadre privilégié pour inculquer à l'élève des techniques, des connaissances, des structures mentales et des méthodes intellectuelles, des attitudes morales et sociales qui lui permettent de s'épanouir dans sa personnalité et de s'insérer dans la communauté humaine comme un membre utile. » Preuve que l'enseignement catholique au Niger cherche toujours à promouvoir le développement intégral des élèves et la transformation progressive de la société nigérienne dans le sens du bien et du progrès, a souligné l'exposant.

C'est d'ailleurs ce qui est ressorti du second exposé sur "L'Eglise Catholique au Niger", présenté par le père Eric MEDAGBE. De fait, l'Eglise, à travers ses divers engagements paroissiaux et institutionnels (CADEV-Niger, Centres de santé, Centres de promotion féminine, Ecoles...) vise fondamentalement la Promotion de tout homme et de tout l'homme nigérien.

Après ces exposés, les participants ont eu droit à un débat enrichissant, dans une ambiance conviviale et détendue. Ce qui a fait dire à la Sœur Odile Ogou (Sr Notre Dame des Apôtres), qu'« une telle rencontre est indispensable, dans la mesure où elle permet de dissiper les préjugés et les doutes, mais aussi, d'avoir plus d'informations sur l'Eglise au Niger et d'en découvrir la particularité ». Pour elle donc, ce genre de rencontre est à encourager et à poursuivre, parce qu'elle permet au missionnaire de bien s'intégrer dans la société nigérienne et d'y travailler sereinement et avec amour.

 
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