N’éteignez pas l’espérance qui s’enflamme au cœur de chaque croyant PDF  Array Imprimer Array  Envoyer

mgr_noelLa nuit du samedi 24 décembre 2012, nombreux étaient les chrétiens qui se sont retrouvés à la Cathédrale de Niamey pour célébrer la naissance du verbe de Dieu. À cette occasion, Mgr Michel Cartatéguy a délivré un message radiodiffusé et télévisé à l'endroit des chrétiens et de tous les Nigériens.

Le prophète Isaïe qui nous a accompagnés dans notre attente de cette grande et sainte nuit de la Nativité, nous avait avertis sans détours que le Messie attendu allait redonner espérance. Espérance à nous tous, à chacun et à chacune d'entre nous et au-delà de nous-mêmes : aux hommes et aux femmes de toutes nations, de toutes cultures et de toutes conditions sociales. Ce Messie tant attendu apportant espérance, le voici qui se présente à nous dans cette mangeoire d'animaux que Marie vient de déposer après lui avoir donné la vie. Que nous sommes loin peut-être de ce que nous avions imaginé ? Comment cet enfant si fragile, si petit, né à l'écart dans l'indifférence la plus totale peut-il donner l'espérance que nous attendons ? Et pourtant ! Les rythmes de nos tam-tams disent bien haut et fort la joie que nous avons à l'accueillir au milieu de nous, chez nous comme l'un de nous,  partagent pleinement et sans complexe notre humanité.

Si nous l'accueillons ainsi, c'est parce que nous avons la certitude que ce Messie nous vient de Dieu même si nous sommes étonnés sur la manière dont il vient. Pour nous chrétiens, il est Dieu. Il nous apporte l'espérance de Dieu.

Le prophète Isaïe nous a dit et redit ce qu'est cette espérance de Dieu. Il viendra dans le cœur de ceux qui construisent solidement la paix « en rabaissant ceux qui siègent dans les hauteurs et en humiliant la citadelle inaccessible. »

La prophétie d'Isaïe annonçait que la vie, les paroles et les actes du Verbe incarné, Jésus, seront à l'image d'une ville fortifiée, imprenable, dont le Seigneur assurerait la paix, à ceux qui font confiance à Dieu et qui lui sont fidèles. En envoyant Jésus dans le monde, naître dans l'obscurité d'une grotte, Dieu se dévoile comme un rocher pour toujours en qui les humbles trouvent refuge et sécurité.

Noël, c'est le jour où Dieu comble l'attente des pauvres oubliés, des petits méprisés, des blessés de la vie, des exclus rejetés. Noël, c'est le jour où ils retrouvent un visage humain.  Noël, c'est le jour où ils sont élevés au moment même où les puissants sont renversés de leur trône. En Jésus, l'espérance prend chair.

En cette nuit bénie, chers frères et sœurs d'ici et vous qui m'entendez à travers la radio et la télévision, chrétiens du diocèse de Maradi : Arlit, Tchirozerine, Agadez, Tahoua, Birni'konni, Bermo, Zinder, Diffa, je vous invite à prendre cet enfant dans vos bras comme je l'ai fait à l'instant  car il est le seul à pouvoir rendre les forces à l'homme épuisé.

Et vous chrétiens de l'archidiocèse de Niamey, Makalondi, Bomoanga, Torodi, Dolbel-Fantio, Tera, Tillabéry, Gaya, Dosso, Dogondoutchi, à votre tour, présenter l'enfant de Noël à ceux qui sont piétinés par le fardeau de la vie.

Le prophète Isaïe nous l'avait déjà assuré : « les jeunes gens se fatiguent, se lassent, et les athlètes s'effondrent mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles. Ils prennent leur essor comme des aigles, ils courent sans se lasser, ils avancent sans se fatiguer. »

Il y a quelques semaines, le Pape Benoit XVI en visite au Bénin, devant les autorités politiques et religieuses de toute confession disait d'une voix convaincue après avoir affirmé avec force que l'Afrique est une terre d'espérance : « N'éteignez pas l'espérance ! » Faut-il comprendre que l'espérance est une flamme intérieure en chaque être qui est instamment et constamment à entretenir et à développer spécialement chez ceux qui dérivent vers  la fatalité ?

« N'éteignez pas l'espérance ! » Faut-il comprendre que ceux qui détiennent le pouvoir décisionnel politique, économique, religieux sont tentés d'être des éteignoirs pour sauvegarder les privilèges que leur confèrent leurs responsabilités ?

Chaque fois que le politique gouverne en fonction des amis profiteurs et s'introduit dans des systèmes corrupteurs, sécurisés par des impunités de circonstance, les gouvernants éteignent l'espérance de ceux qui aspirent à plus de bonheur à travers des conditions décentes de vie, des salaires justes et équitables et d'une bonne répartition des ressources que le pays produit. Il n'est pas normal que la pauvreté soit engendrée par une corruption qui aurait tendance à se légaliser et à se normaliser dans les consciences. 

Chaque fois que l'économie répond uniquement à ses règles de croissance sans référence au bien de la personne humaine, les économistes éteignent l'espérance de ceux qui attendent un travail pour tous, un développement progressif et durable et une amélioration de leur revenu pour accéder tout simplement à la santé, au logement ou à l'école pour les enfants.

Chaque fois que le religieux s'enferme dans le fondamentalisme primaire et sectaire, la religion éteint l'espérance qui s'enflamme au cœur de chaque croyant. La religion, bien au contraire, doit unir dans une harmonie parfaite l'homme à son Dieu par des chemins particuliers de liberté que nul n'a le droit de profaner ou d'interdire.

En souhaitant Joyeux Noël aux gouvernants, aux économistes et aux religieux, nous  les invitons à regarder le visage des pauvres sans abri, sans travail, sans formation, sans pays, sans nourriture, sans famille avec le cœur avant de penser aux plans d'action stratégique à mettre en œuvre pour eux. Les pauvres n'auront rien à vous offrir en retour si ce n'est leur espérance qu'ils auront comblé par votre regard d'amour.

En souhaitant Joyeux Noël aux chrétiens de toute confession et à nos frères et soeurs Musulmans avec qui nous entretenons des relations d'amitié et de fraternité depuis toujours, ainsi qu'aux membres des autres religions, nous  les invitons à poursuivre continuellement  la dynamique des relations interreligieuses, seule route capable de nous faire rejoindre tous en Dieu.

En souhaitant Joyeux Noël aux malades, aux prisonniers avec qui je célèbrerai demain, aux réfugiés et aux exilés, à vous frères et sœurs  qui connaissaient déjà les affres de la faim, nous vous  souhaitons de croiser sur votre chemin, partage et solidarité pour que vos souffrances n'éteignent pas l'espérance qui est en vous.

En souhaitant Joyeux Noël à ceux qui sont privés de liberté et spécialement ceux qui sont aux mains des ravisseurs, nous vous invitons à espérer de ceux qui sont en charge de mener les négociations, un aboutissement  heureux pour retrouver votre terre et votre famille au plus vite

En souhaitant un joyeux Noël à chacune et chacun d'entre vous, nous vous invitons à la crèche pour chanter le chant des bergers : « Gloire à Dieu et paix sur la terre aux hommes qu'il aime », maintenant et pour les siècles des siècles.

 

 
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